VOSGES   et   ORGUES


Lac de Retournemer
Raon : orgue de saint George
Orgue de Lusse
rgue de Dompaire
Raon : orgue de saint Luc

Les facteurs d'orgues vosgiens : Jean-Nicolas JEANPIERRE

  

         

C'est en 1811 que naquit Jean Nicolas JEANPIERRE à Ventron. Son pére, Jean Baptiste, est sculteur en ornement, mécanicien et horloger. Il est également facteur d'orgues. Devenu orphelin de mére à 4 ans et de pére à 11 ans, Jean Nicolas est recueilli par l'abbé Aubertin, curé de Nompatelize, puis par son successeur l'abbé Dany. Il acquit une formation d'horloger. Il s'installe à Nompatelize et y épouse en 1832 Marguerite Idoux qui lui donna douze enfants.

Passionné par la facture d'orgue, il invente divers instruments comme "l'organon", vers 1830, un protopype du futur harmonium. N'ayant pas déposé de brevet, l'invention fut reprise par Debain qui revendiqua l'invention ; Cavaillé Coll, à Paris, avait les mêmes préoccupations en concevant son "poïkilorgue". Il réalise également le Métroton, appareil destiné à accorder les orgues selon le tempérament égal, ainsi qu'un compas destiné à mesurer les feuilles de métal.

Véritable autodidacte, il s'essaye à la facture d'orgues dés 18 ans et construisit un petit orgue de salon de quatre jeux pour un particulier de Grandvillers, puis un premier orgue d'église à Moiriville. La facture d'orgues le conduisit à Rambervillers où il s'installa en 1853. Sa fille Marie Joséphine épousa Nicolas Théodore JAQUOT en 1863. Il s'associa avec son gendre sous la raison sociale "JAQUOT-JEANPIERRE". Il resta à la tête de l'entreprise jusqu'en 1871, céda ses parts à son gendre et se remaria avec Agnés Wittner. Il mourut prématurément le 1° octobre 1873, à l'âge de 62 ans.

De Moriville à Taintrux, les orgues JEANPIERRE obéissaient encore à une esthétique post-classique, nourrie de la lecture de Dom Bédos et de l'influence de Callinet. En 1850, l'orgue de Rambervillers marqua une rupture, le facteur s'orientant vers l'orgue romantique. L'orgue de saint Jacques de Lunéville, achevé en 1852, confirme cette orientation : console indépendante, machine Barker, appels d'anches, récit expressif, anches libres... Dans les derniéres années de sa vie, il évolua vers un orgue plus symphonique : projet abandonné de tirage pneumatique des jeux pour la cathédrale de Saint-Dié (1860) , pressions différenciées sur un même clavier à saint-Luc de Raon l'Etape (1865), orgue entiérement expressif à Cornimont (1871) ...

Trés doué pour la facture d'orgues, Jean Nicolas JEANPIERRE fut certainement le meilleur facteur vosgien du XIX° siècle.

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  (  MAJ 08/01/2008 )